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Le vrai problème et les dégâts possibles sur la plante
Un matin de janvier, vous levez les yeux vers vos pins et vous apercevez de grosses boules blanches accrochées aux branches. Dans le froid sec, avec à peine 5 °C, le spectacle évoque presque une décoration de fête. Pourtant, derrière ce coton figé dans la lumière se cache un véritable danger pour vos arbres.
En effet, ces amas soyeux abritent les chenilles processionnaires du pin, déjà bien réveillées alors que celles du chêne dorment encore. Elles patientent simplement en attendant un redoux autour de 10 °C pour descendre en file indienne, se répandre au sol et menacer vos animaux ainsi que vos résineux.
La solution méconnue qui change tout
La première fois que j’ai aperçu ces cocons sur un pin noir, j’ai cru qu’il s’agissait d’un vieux nid d’oiseau. Puis, en observant mieux, ces poches blanches tout au bout des branches m’ont intrigué. C’est alors qu’un voisin m’a parlé de l’échenillage, un mot un peu barbare mais qui, au final, m’a littéralement sauvé le printemps.
En réalité, tant que les chenilles restent regroupées dans leur nid, une période idéale s’ouvre à vous. En hiver, le froid limite leurs déplacements, le vent léger sèche les aiguilles et vous pouvez intervenir sans que les poils urticants se dispersent partout. Le geste mécanique devient alors à la fois précis, maîtrisé et relativement propre.
Vous hésitez peut-être, par peur de trop couper ou de mal vous y prendre. Je comprends parfaitement, car j’ai moi-même longtemps tourné autour du tronc avant d’oser sortir l’outil. Pourtant, en choisissant la bonne période et un matériel adapté, vous gardez la main sur la situation et vous protégez vos arbres sans aucun produit chimique.
Mode d’emploi concret : quand, comment et quoi faire
Avant toute intervention, prenez d’abord quelques minutes pour repérer les nids. En général, ils se trouvent en hauteur, exposés au sud ou au sud-ouest, bien gonflés et d’un blanc légèrement gris sous la lumière d’hiver.
- Observer calmement vos pins et vos cèdres par temps clair, entre 0 et 8 °C. Concentrez-vous sur les gros cocons soyeux installés aux extrémités des rameaux, surtout sur les pins noirs, sylvestres ou d’Alep.
- Choisir le bon moment lors d’un froid sec, sans vent, en milieu de matinée. Ainsi, le soleil réchauffe légèrement le tronc et améliore votre visibilité, tandis que les chenilles restent regroupées et bougent très peu.
- Vous équiper sérieusement avant toute coupe. Enfilez une combinaison bien fermée, des gants épais, des lunettes enveloppantes et un masque. Les poils urticants, bien que quasiment invisibles, restent actifs longtemps, même une fois tombés au sol.
- Couper la branche qui porte le nid à l’aide d’un échenilloir propre, sur les sujets de taille modeste. Coupez 15 à 20 cm sous le cocon, avec une coupe nette, afin de limiter au maximum le stress pour le pin.
- Détruire le nid immédiatement après la coupe. Soit vous l’incinérez dans un brûleur fermé, soit vous le glissez dans un double sac poubelle bien étanche, que vous déposerez ensuite en déchetterie en prévenant les agents pour éviter tout contact direct.
Pour les grands arbres, par exemple un pin parasol de 8 à 10 mètres, oubliez complètement l’échelle. Préférez plutôt installer un collier piège autour du tronc dès le mois de janvier, bien serré, afin de canaliser la future descente des chenilles vers un réceptacle sécurisé.
Les signes que ça fonctionne et la suite à donner
Quelques jours après la coupe, vos branches semblent certes un peu dégarnies, mais les cocons ont disparu et le sol reste calme. Vous ne voyez plus ces processions brunes avançant en file serrée sur la pelouse humide, ce qui indique clairement que la colonie a été interrompue à temps.
Ce geste demande un minimum de préparation, je vous l’accorde, mais il évite des défoliations sévères sur les aiguilles ainsi que des risques pour la peau ou les yeux. En définitive, il vaut bien mieux une petite coupe hivernale qu’un pin affaibli au printemps, surtout après un été déjà très sec.
Ensuite, vous pourrez surveiller vos résineux chaque hiver, et compléter la protection avec des écopièges sur les plus grands sujets. Enfin, si vous avez un doute devant un nid très haut ou difficile d’accès, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel : vos arbres, vos animaux et même vos voisins s’en porteront mieux.
FAQ
Pourquoi les nids de chenilles processionnaires du pin sont-ils dangereux pour mes arbres et mon environnement ?
Ces nids abritent des chenilles dont les poils urticants peuvent provoquer de fortes irritations chez l’homme et les animaux, et qui défolient les aiguilles des pins et cèdres. Une forte infestation affaiblit durablement l’arbre, surtout après un été sec.
À quel moment intervenir sur les nids de chenilles processionnaires du pin ?
L’intervention se fait en hiver, par temps clair, froid et sec, entre 0 et 8 °C, de préférence en milieu de matinée. À cette période, les chenilles restent regroupées dans le nid et bougent très peu, ce qui limite les risques de dispersion des poils urticants.
Comment retirer un nid de chenilles processionnaires sur un arbre de taille modeste ?
Repérez les nids bien gonflés, exposés au sud ou sud-ouest, puis coupez la branche portant le cocon avec un échenilloir propre, 15 à 20 cm sous le nid. Ensuite, détruisez immédiatement le nid en l’incinérant dans un brûleur fermé ou en le plaçant dans un double sac étanche à déposer en déchetterie.
Quelles protections personnelles sont nécessaires pour l’échenillage ?
Il faut porter une combinaison bien fermée, des gants épais, des lunettes enveloppantes et un masque. Ces protections limitent le contact avec les poils urticants, qui restent actifs longtemps même une fois tombés au sol.
Que faire en présence de grands pins ou de nids difficiles d’accès ?
Pour les grands arbres, il est recommandé d’installer un collier piège autour du tronc dès janvier pour canaliser la descente des chenilles. En cas de nid très haut ou d’accès dangereux, il est préférable de faire appel à un professionnel.

